Sécheresse : nourrir les troupeaux d'élevage doit primer sur la production d'énergie
2 sept. 2026
Alors que les épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs fragilisent régulièrement les rendements agricoles et la disponibilité des fourrages, il est nécessaire de mieux prévenir les risques de concurrence entre les cultures dédiées à la méthanisation et les besoins pour l’alimentation des élevages en Bretagne.
Ainsi, lorsque la ressource agricole se raréfie, l’alimentation du bétail doit primer sur les usages énergétiques.
La question est particulièrement sensible en Bretagne, grande région d’élevage qui compte environ 280 unités de méthanisation (sans compter les projets de développement en cours), et qui est aussi confrontée aux conséquences du changement climatique.
Je fus alertée sur des pratiques d’achat de maïs sur pied pour sécuriser l’approvisionnement de méthaniseurs, alors que ces cultures pourraient être destinées à l’alimentation animale dans le contexte critique que connaît la Bretagne.
La réglementation limite déjà à 15 % du tonnage brut total des intrants le recours aux cultures énergétiques dédiées. Ce cadre doit toutefois pouvoir être adapté en cas de déficit fourrager ou de situation climatique exceptionnelle.
Plusieurs mesures pourraient être mises en place : renforcer le contrôle des approvisionnements des méthaniseurs, inciter à réduire le recours aux fourrages en période de tension et mieux encadrer l’utilisation de cultures énergétiques dédiées produites en dehors des exploitations concernées.
Il ne s’agit pas d’opposer production d’énergie et agriculture, mais de fixer une règle de bon sens : en période de pénurie, les ressources agricoles doivent d’abord répondre aux besoins alimentaires des élevages.
C’est pourquoi j'ai adressé un courrier à Madame la Ministre de l’Agriculture pour l’alerter sur l’importance de prendre des mesures pour garantir, en situation de tension sur les ressources agricoles, la priorité des usages alimentaires sur les usages énergétiques.




